Pourquoi être éditeur ? (partie 3)

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Dans cette dernière partie, je vais essayer de vous expliquer ce qui me retient dans cette communauté.

Pour qui a un peu de vécu derrière soi, il est notable que notre société nous amène chaque jour à un peu plus d’individualisme. Malgré notre instinct grégaire, il est clair que la collectivité entraîne toujours avec elle des besoins de concessions. Or, notre richesse actuelle nous permet, la plupart du temps, d’acquérir notre indépendance vis à vis de notre prochain, ce qui simplifie grandement nos relations !

Du coup, il arrive un moment où l’on commence à apprécier certaines relations particulières, que seul le temps permet de tisser. Or le Web est le monde typique de l’éphémère, ou du virtuel, pour reprendre le terme à la mode. Il est donc exceptionnel d’y construire un échange durable. Nous avons plutôt tendance à passer d’une page à l’autre, d’un forum à l’autre, d’un blog à l’autre, le temps de donner un avis, ou de lancer une insulte.

Ce qu’il y a de remarquable, dans un projet comme celui de l’ODP, c’est qu’il a été construit (et il continue de se construire) pour fédérer des personnes qui ne se connaissent pas. Imaginez-vous un instant en charge d’un tel défi. Comment laisser suffisamment de liberté aux éditeurs pour qu’ils aient envie de travailler ensemble, tout en protégeant le projet de tout acte de vandalisme.

Une première option aurait pu consister à mettre des sécurités matérielles et à rendre le projet complètement transparent et ouvert à tous, comme c’est le cas pour les Wiki, par exemple. L’avantage évident de cette solution est d’obtenir un maximum de collaborateurs, mais il faut aussi pouvoir protéger l’oeuvre commune.

Or, si cela s’avère possible dans leur cas (mais certainement grâce à une attention de tous les instants), notre matière est tout autre : nous ne manipulons pas de l’information, mais des sites ! Du coup, le vandalisme peut devenir « professionnel », ce qui donne un aperçu des sécurités à mettre en place. Le choix a donc été fait de contrôler les éditeurs, aussi bien lors de leur acceptation, que lors de leur travail. Nous sommes même tenus à une discrétion certaine avec l’extérieur.

Naturellement, cela peut faire penser à Big Brother, mais, encore une fois, c’est la seule façon de protéger les milliers d’heures qui ont déjà été investies bénévolement dans ce projet. Et si on n’a pas de mauvaises intentions, il n’y a pas de malaise…

Inversement, tous les choix importants sont pris après un large débat consensuel, où toutes les personnes concernées peuvent intervenir. Cette utilisation massive des forums permet à la communauté de faire progresser les débats en toute transparence. Quoi qu’il en soit, comme l’a déjà dit tloury dans son article Peut-on quitter DMOZ ?, « La réponse est oui, car l’ODP n’est pas une secte ! »

Alors, si vous correspondez aux critères que j’ai donnés dans la partie 2, venez nous rejoindre. Vous pourrez, comme moi, vous occuper tranquillement des catégories qui vous tiennent à coeur, en laissant aux anciens le soin de gérer le navire, ou vous investir à fond dans une communauté on ne peut plus organisée.

Quelque soit votre choix, vous rejoindrez une équipe qui s’est donné le temps.
Le temps de faire encore et toujours progresser cet annuaire, et le temps nécessaire à l’émergence de véritables rapports humains.

Pourquoi être éditeur ? (partie 2)

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5 Réponses to “Pourquoi être éditeur ? (partie 3)”

  1. tloury Says:

    J’aime bien ton explication de la raison pour laquelle les éditeurs sont "contrôlés". J’ajouterai juste qu’il s’agit principalement d’un autocontrôle par la communauté (peer review).

    Il n’y a vraiment pas de Big Brother, mais un ensemble d’éditeurs attentifs à ce que font leurs collègues dans le projet, et prêts à les aider si ça ne va pas ou à demander à corriger un problème (comme par exemple un problème d’abus) s’ils en voient un.

  2. tmeyer Says:

    Aïe ! Je me suis fait repérer par un vieux 😉 !

    (et en plus, il parle pas ma langue…)

  3. inistea Says:

    Merci pour ton blog, tmeyer. 🙂

    Dans son livre sur Dickens (1906) – ch. "The Pickwick Papers" – G.K.Chesterton dit: "Dickens went into the Pickwick Club to scoff, and Dickens remained to pray."

    Moi je dirai simplement que je suis devenu éditeur pour terminer vite fait avec le bazar de la catégorie où j’édite, et je suis resté à cause de la beauté et de la générosité du projet.

    A bientôt.
    julien

  4. tmeyer Says:

    Bonjour Julien, et merci de nous faire part de tes motivations, qui en susciteront peut-être d’autres…

    Si je dois avouer que cela me fait plaisir que tu apprécies mon billet (ce n’est pas une histoire de corruption, c’est seulement le nom que l’on donne à nos petits articles !), il me faut quand même souligner que ce blog n’est pas le mien, puisqu’il est alimenté par bien d’autres éditeurs « démoziens » (je peux, tloury 😉 ?).

    Au plaisir,
    Thierry.

  5. tloury Says:

    Tous les éditeurs qui le souhaitent peuvent publier des billets ici.
    Voir :
    http://www.aef-dmoz.org/blog/ind...

    pour les autres, et bien il faudra penser à devenir éditeur 😉

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