Folksonomie et taxonomie

Dans cet intéressant article de Martin Beaudin-Lecours, dans Clic – Bulletin collégial des technologies de l’information et des communications et consacré au Web 2.0 et de son utilisation en pédagogie, on lit :

Quand un internaute ajoute des photographies sur Flickr ou des vidéos sur YouTube, il doit y joindre des mots-clés (tags) qui les décrivent. Ce choix de mots est totalement libre : on n’a pas à respecter un ordre précis ni à utiliser une certaine terminologie. Ainsi, le classement du contenu ajouté dans Internet se fait au fur et à mesure, sans l’intermédiaire d’un spécialiste. Cette façon de faire se nomme folksonomy, néologisme combinant les mots folk (peuple) et taxonomy (taxinomie). Certains le traduisent en français par «taxinomie populaire», mais le Grand Dictionnaire terminologique a accepté récemment l’usage de «folksonomie».

La taxinomie et l’ontologie, des systèmes de classification plus traditionnels, sont les héritières du catalogage aristotélicien : un classement du général au particulier, pour des objets physiques qui ne peuvent se trouver qu’à un endroit à la fois, comme les livres d’une bibliothèque ou les fichiers sur un ordinateur. Yahoo a transposé ce modèle de classement à Internet en créant ses répertoires de sites Web classés en catégories et sous-catégories.

Malgré sa grande facilité d’utilisation, qui est probablement son meilleur atout, la folksonomie ne remplacera donc pas l’ontologie, qui demeure la classification la plus appropriée pour les corpus restreints dont les catégories sont formelles et les entités, stables et facilement distinguables – en chimie, par exemple, avec le tableau périodique des éléments. Et certaines classifications ne pourront relever que d’experts, comme le DSM-IV rédigé par et pour les psychiatres afin d’uniformiser les diagnostics de maladie mentale, ou le Dewey par les bibliothécaires.

L’Open Directory Dmoz et Yahoo fonctionnent tous les deux sur le principe de classement par taxinomie et ontologie. L’avenir nous dira si ce modèle peut persister, si la folksonomie seule l’emportera ou si le Web sémantique tiendra ses promesses.

Il est fort probable que les systèmes folksonomiques soient bientôt améliorés en tenant compte des critiques mentionnées ci-dessus et en utilisant des outils informatiques développés dans une perspective de Web sémantique : Internet ne serait plus seulement compréhensible que par les humains, mais aussi par des programmes et des logiciels. Ainsi, des algorithmes pourraient analyser les mots-clés choisis par les internautes pour les corriger, les traduire, les classer et effectuer des recherches automatisées.

Clic est listé dans l’Open Directory Dmoz dans dans la catégorie des Ressources pour les TICE. L’article cité est listé en tant que lien profond (Deeplink) dans la catégorie Web 2.0.

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