Naissance d'un pays

flag_kosovo.pngCe dimanche, un nouveau pays a vu le jour en Europe, le Kosovo, terme qui se traduit joliment par « champ des merles ». Un petit pays à peine grand comme un ou deux départements français, mais souvent désigné comme « l’épine dans le pied de l’Europe », tant les tensions y sont fortes et irrésolubles depuis des siècles. Cette naissance est aussi l’occasion pour la catégorie Europe de Dmoz de se doter d’une nouvelle rubrique.

Comme on le devine, la foule est en liesse à Pristina, la toute jeune capitale, et les réjouissances vont durer encore plusieurs jours et plusieurs nuits. Mais tout le monde ne fait pas la fête dans le pays : les 10% de Serbes notamment, qui refusent cette indépendance, demandée depuis si longtemps par les 90% d’Albanais.

Un siècle qu’ils l’attendaient. Un siècle, depuis le 17 décembre 1912 précisément, où le Kosovo avait été soumis à la Serbie lors de la Conférence des ambassadeurs à Londres. La Serbie venait de remporter avec éclat la première guerre des Balkans, et se préparait à une seconde victoire non moins éclatante contre la Bulgarie, puis à un rôle clé auprès des Alliés lors de la première guerre mondiale qui, rappelons-le, a débuté par l’assassinat de l’archiduc d’Autriche par le Serbe Gavrilo Princip.

Après la grande guerre, le Kosovo fut inclus dans le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes, qui prit plus tard le nom de Royaume de Yougoslavie, puis en 1945 de République Fédérale de Yougoslavie, un pays très hétérogène (quatre langues, trois religions) entièrement aux mains du Croate Josip Broz, plus connu sous le nom de Tito, l’un des seuls dirigeants communistes d’après-guerre à avoir tenu tête à l’URSS de Staline.

En 1974, le Kosovo se voyait obtenir le statut de province autonome. Mais à la fin des années quatre-vingts, le président serbe Slobodan Milosevic, ultra-nationaliste, abolit cette autonomie et tente de réaliser son rêve d’une grande Serbie, ce qui plongera toute la Yougoslavie dans une suite de guerres sanglantes. Celle du Kosovo culminera en 1998 et en 1999, une guerre dont les premières victimes, une fois de plus, seront les populations civiles, avec 300 000 réfugiés. Cette guerre civile se ponctuera par des bombardements massifs de l’OTAN sur Belgrade, la capitale serbe.

Et maintenant, que fait-on ? Une fois l’euphorie passée, les dirigeants kosovars, tous Albanais (les Serbes sont largement minoritaires et n’ont donc pas de représentant influent dans la classe politique) vont devoir s’atteler à la rude tache de construire le pays et le redresser, car les tensions internes et externes sont très nombreuses. La priorité numéro un : faire respecter la paix, et éviter à tout prix les affrontements entre Serbes et Albanais. Le respect des différences et des cultures sera la première mission de ce jeune état.

Il lui faudra aussi compter avec toutes les nations qui, à ce jour, refusent de reconnaître cette indépendance. Si les Etats-Unis, la France, l’Angleterre et l’Allemagne se sont prononcés favorablement, d’autres pays s’y opposent catégoriquement tels que la Russie, la Chine, la Roumanie et l’Espagne : ces états craignent que cette indépendance ne donne des arguments supplémentaires aux indépendantistes avec lesquels ils se débattent. Surtout, espérons que la divergence de points de vue des états européens sur le statut du Kosovo ne les empêche pas d’agir concrètement et efficacement, tous ensemble, si par malheur de nouvelles catastrophes humaines venaient frapper ce petit pays tout juste sorti du berceau.

Dmoz donne donc à la catégorie Kosovo, qui jusqu’à aujourd’hui était inclue dans la catégorie Serbie, une place à part entière dans la rubrique Europe : Kosovo.

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