Serial plaideur

Le titre du commentaire est celui du monologue que récite Jacques Vergès au théâtre de la Madeleine et qu’une amie avocate m’a emmenée voir.

Si, comme moi, vous vous attendez à ce que l’avocat explique sa spécialisation dans la défense des « salops », vous serez déçu, comme moi. En effet, à aucun moment, il ne prononce les noms de ses clients célèbres Klaus Barbie, Pol Pot, Omar Radad… Le seul évoqué est celui de Djamila Bouhired. Il reste donc dans le cas général, plaidant pour le métier d’avocat et non pour lui même. Il part sur une autre problématique : la défense de chacun doit être assurée et chacun a droit à être défendu. C’est incontestable.
Je comprends qu’un avocat veuille, UNE FOIS, défendre l' »indéfendable », l’injustifiable mais le faire de manière systématique m’étonne.
Le second sujet que j’attendais est le rapport aux médias. En effet, ses plus célèbres procès sont des procès perdus. Un avocat célèbre est-il un bon avocat ?

De la pièce écrite comme une plaidoirie, je retiens un ego surdimensionné. Il se fait un plaisir de rappeler qu’il a été publié aux Editions de Minuit comme Paul Eluard, François Mauriac ou Aragon. Il rappellera, aussi, à cette occasion que ces éditions sont nées en 1941 et furent des éditions clandestines. Avant, il a précisé que son engagement dans la Résistance date de 1941 et qu’il a connu de Gaulle. Des procès comptent (quand même), peut-être, plus que d’autres…
De même, il compare l’avocat à Dieu.

Sa volonté de choquer est manifeste. Le rideau se lève sur lui assis à son bureau en train de fumer un cigare dont l’odeur persistera un bon quart d’heure.

En plus, le métier d’acteur ne s’improvise pas et sa diction n’est pas excellente. Aussi étonnant que cela paraisse, il bute, parfois, sur les mots, se reprend, va jusqu’à bafouiller.

Un point positif est qu’il donne envie de se replonger dans le mythe d’Antigone. Il parle de la version de Sophocle, là j’avoue je ne suis pas enthousiasmée. Un autre, il ne manque pas d’humour. Un troisième, il m’a rappelé que l’auteur de la citation « la justice militaire est à la justice ce que la musique militaire est à la musique » est Clémenceau.

Je ne sais pas quel avocat vous choisirez, mais voici des suggestions pour le théâtre.

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